| La crise viticole de 1907 Chronologie
des principaux évènements Janvier 1907: Après
un débat parlementaire sur la crise viticole, création à
la Chambre des députés dune commission présidée
par M. Cazeaux-Cazalet, député de Gironde, Jules Razimbaud député
de Saint Pons en fait partie. Etablissement dun questionnaire très
complet adressé à toutes les organisations agricoles et viticoles
de France. 17-18-19 janvier : Réunion du Congrès
viticole national à Paris, après des congrès régionaux,
a Bordeaux, Beaune, Lyon, Macon, Perpignan, Narbonne Béziers, Montpellier,
Nîmes. Décision de la création dun Comité permanent
National dalliance de la Viticulture et du Commerce des vins et spiritueux,
qui entreprend des relations de travail avec les représentants des producteurs
de betterave, les industriel du sucre et de lalcool de betterave. Relations
contestées par les viticulteurs du Midi. 15 Février
: Lettre de 50 vignerons dArgeliès au député Razimbaud
et dépêche de Marcelin Albert à Clemenceau, 1° grève
de lImpôt à Baixas dans les Pyrénées Orientales.
3 au 13 mars : Programme de visites sur le terrain de la commission
parlementaire denquête viticole, 3 mars à Nîmes, Montpellier,
Béziers,le 11 mars à Narbonne, le 13 mars à Perpignan dans
la région.. A Montpellier M. Nègre sénateur, Président
de la Société départementale dencouragement à
lagriculture de lHérault leur présente un rapport sur
la viticulture départementale et François Astier président
fondateur de la Caisse Régionale de Crédit Agricole du Midi développe
la situation économique et lendettement des viticulteurs.
5 mars : 1° Réunion des vignerons dArgeliès
en vue de la création dun Comité de Défense dont Marcelin
Albert est le porte Parole et établissement dune pétition.
10 mars : 1° réunion du Comité hors Argeliès,
à Ginestas. Marcelin Albert propose daller remettre à la Commission
denquête parlementaire la pétition de 400 signatures recueillies
localement. 11 mars : marche des 87 dArgeliès
, accueil en fanfare de la Commission Parlementaire à la gare de Narbonne,
tour de ville en chantant « La Vigneronne » avec clairons et tambour.
Attente devant la Sous préfecture, la commission reçoit enfin 3
délégués dArgeliès en fin de journée.
24 mars : réunion du Comité à Sallèles
dAude (quelque centaines) 31 mars : réunion
à Bize minervois (600 viticulteurs) 7 avril : réunion
à Ouveillan (1000 viticulteurs) 14 avril : réunion
à Coursan (5000 viticulteurs) 21 avril : 1° réunion
dans lHérault à Capestang (10 à 15 000 vignerons)
Publication du premier numéro du Tocsin, journal géré rédigé
diffusé par le Comité dInitiative dArgeliès.
4 communes de lHérault et 15 communes de lAude décident
de se fédérer pour agir en commun 25 avril :
un huissier de justice vient saisir les biens dun viticulteur en retard
dans le paiement de ses impôts, à Coursan. 1° intervention du
Comité sur ce thème de protection des viticulteurs endettés.
28 avril : Manifestation de masse à Lézignan Corbières,
(20 000 viticulteurs) 1° mort accidentelle, cheval emballé dans la
foule. 5 mai : Manifestation à Narbonne, (80 000 viticulteurs)
Ferroul maire de Narbonne, après avoir dénigré le mouvement
en développement, se rallie au Comité dArgeliès. Marcelin
Albert fait adopter le « serment des Fédérés »
engagement de se tenir à lécart de tout engagement politique.
12 mai : Manifestation de Béziers (120 à 150 000 vignerons)
Ultimatum au Gouvernement : Si celui-ci na pas pris de mesures efficaces
pour enrayer la crise, le 10 juin, les fédérés décideront
la grève des impôts. 12 mai Marcorignan :Au moment
des déplacements de la foule régionale, vifs incidents à
la gare ou des viticulteurs ayant acheté plus de 1000 places de voyageur
en train , nont pas de train pour aller à Béziers. Ils manifestent
sur place, bloquent les voies, provoquent le premier déplacement de gendarmerie,
le sous Préfet de Narbonne arrive, suivi du Préfet de Carcassonne.
La ligne ne peut être rétablie quau soir de la journée.
Ma parentèle de Montredon était présente.( ARGP, G.oncles,
cousins) 16 mai : Manifestation nocturne et incidents à
Béziers 19 mai : Manifestation de Perpignan (170 000
viticulteurs) 26 mai : Manifestation de Carcassonne (220
à 250 000 viticulteurs) 27 mai : Dépôt
par M. Cazeaux-Cazalet président et rapporteur général de
la commission parlementaire denquête viticole, sur le bureau de la
Chambre des députés le rapport de synthèse des travaux de
la commission. 1° juin : incidents à la gare de
Perpignan, des manifestants veulent se rendre à Nîmes sans payer
leur billet 2 juin : Manifestation de Nîmes (250 à
300 000 viticulteurs) 8 juin : incidents et bagarres autour
de la gare de Perpignan, 9 juin : Manifestation de Montpellier,
point culminant de la mobilisation, ( 600 à 800 000 viticulteurs, des délégations
de toute la France, une délégation de viticulteurs dAlgérie) Le
Comité dArgeliès précise quil va donner lordre
de grève générale des impôts, et démission des
municipalités. 9 juin : premiers incidents militaires,
le 100° de ligne basé à la caserne Montmorency à Narbonne,
consigné au quartier depuis plusieurs semaines manifeste, le soir du 9
juin, sur le mur séparant la caserne de la voie ferrée vers Perpignan,
lors du retour des trains venant de Montpellier. Ils chantent lInternationale.
Le colonel Marmet chef du régiment, est sanctionné, et mis, quelques
jours plus tard, à la retraite doffice, ce qui provoquera des manifestations
de soutien des Narbonnais à la famille du Colonel. 10
juin : La Chambre des députés débat de la situation viticole,
et commence létude du projet de loi sur la réglementation
du sucrage des vins. Lordre de grève de limpôt est lancé,
premières démissions de municipalités. Il y a des manifestations
nocturnes et des actes de violence et des coups échangés avec la
police à Montpellier. 12 juin : les Préfets
de tous les départements du midi sont convoqués par Clémenceau
à Paris. Il leur demande de refuser la démission des municipalités.
La grève administrative est organisée par le Comité dArgeliès.
Premier pointage : 85 municipalités dans lAude, 36 dans lHérault,
28 dans les PO ont démissionné et informé leur Préfet.
14 juin : 442 municipalités démissionnaires, 160 dans
lAude, 185 dans lHérault, 88 dans les PO, 9 dans le Gard.
15 juin : Décision de constituer des Fédérations
départementales confédérées au niveau régional
en présence de Ferroul. Marcelin Albert est informé que des menaces
darrestation se précisent. Il part se cacher à Saint Chinian.
Clémenceau convoque le procureur général de Montpellier et
organise les projets de sanctions. 16 juin : Réunion
constitutive à Perpignan de la Fédération Départementale
des PO Albert Sarraut sous secrétaire dEtat à lIntérieur
auprès de Clémenceau, mais aussi député de Lézignan
fait ne démarche auprès du Docteur Ernest Ferroul maire de Narbonne
et principal animateur du mouvement. Cest Castel maire de Lézignan
qui est en communication avec Sarraut, Laur maire dOrnaisons va vers Ferroul
: « faites un geste vers lapaisement, et je puis vous assurer que
tout finira bien, il ny aura pas de mal pour personne, Si vous persistez,
ce pays sera bouleversé
» réponse de Ferroul : pas de
concession, nous irons jusquau bout ! si cest la révolution
tant pis
. 17 juin : Le gouvernement sur proposition
de Clémenceau prend la décision concernant les arrestations et les
sanctions. Albert Sarraut démissionne du ministère. Le 17°
de ligne basé principalement à Béziers est déplacé
dans la nuit à Agde, effervescence dans la ville. 18 juin
: De nombreux régiments convergent vers le sud, des renforts de gendarmerie
aussi. De nombreux journalistes parisiens arrivent même ceux de la presse
internationale, le Daily News, La Gazette de Cologne, le Corriere della Serra.
19 juin : A laube, arrestation de Ferroul et de plusieurs
membres du Comité dArgeliès. Transfert mouvementé à
la prison de Montpellier. Formation à Argeliès du Comité
secret N° 2. Dans la soirée, attaque de la sous préfecture
de Narbonne, en réponse, charges du 7° régiment de Cuirassiers
à cheval sur le Boulevard Gambetta, 1 mort, secrétaire de la Bourse
du travail, de nombreux blessés. A Montpellier des barricades sont
élevées près de la Préfecture, les manifestants utilisent
tout le mobilier des halles, la gendarmerie intervient 24 gendarmes blessés,
25 arrestations. A 3 heures du matin Marcelin Albert prend le train à
Castelnaudary pour Paris. 20 juin : Narbonne est en Etat
de Siège, circulation limitée, gens confinés dans les appartements
,
mais il y a des manifestants devant lHôtel de Ville, plusieurs inspecteurs
de police en civil sont envoyés de Paris pour faire un rapport des évènements.
Ils sont repérés par les manifestants, lun est jeté
au canal, repêché, convoyé à lHôtel de
ville pour le mettre à labri, mais une méprise du poste de
Garde du 139° dInfanterie, provoque une fusillade, 4 morts une dizaine
de blessés. Ceci provoque, en réaction, lattaque et
lincendie de la préfecture de Perpignan, une nouvelle nuit dagitation
à Montpellier et vers 21 heures, la révolte à Agde, du17°
régiment dInfanterie, qui après avoir pris les armes et les
munitions de la poudrière, prennent à pied et en ordre la route
de Béziers, musique en tête, sous la conduite du Caporal Fourrier
du Régiment Joseph Gasch de Puisserguier. 21 juin :
Le Général Bailloud commandant la région militaire demande
des renforts, envoie du 142° dinfanterie basé à Lodève
vers Béziers. Mais le Comité des vignerons de Paulhan décide
de couper la voie pour lempêcher de circuler par train. Le Sous Préfet
de Lodève vient au secours du détachement du régiment bloqué
dans les vignes, il est fait prisonnier à Paulhan
.Le 142° narrivera
jamais à Béziers Marcelin Albert arrive à Paris et
se rend chez des amis où il passe la nuit. Il sollicite Félix Aldy
député de Narbonne pour quon lui permette de rentrer au Palais
Bourbon. 22 juin : Félix Aldy refuse daider
Marcelin, dans son entreprise quil juge inopportune. Il attend vainement
une réponse toute le journée. Le maire de Paulhan réussit
à faire libérer le Sous Préfet de Lodève 23
juin : Marcelin Albert se rend au Ministère de lIntérieur
à la rencontre de Clémenceau qui le reçoit ¾ dheure,
il y a des échanges pathétiques, les journalistes convoqués
après le départ de Marcelin écrivent quil a pleuré.
Il reçoit de Clémenceau un billet de 100 francs pour quil
retourne dans le Midi pour se constituer prisonnier le 26 juin à Montpellier.
25 juin : embarquement à Villefranche sur mer, après
un passage à Gap, des 600 mutins du 17° de Béziers sur 2 croiseurs
de la Marine nationale, formés en Bataillon disciplinaire sous les ordres
du commandant Vilarem, vers Gafsa en Tunisie. 27 juin : Le
président de la Commission Parlementaire, M. Cazeaux-Cazalet se rend officieusement
à Argeliès, pour informer le Comité du contenu des lois qui
seront votées les jours prochains à lassemblée, il
assiste le 28 à la réunion interdépartementale. 29
juin : Vote à la Chambre des députés de la loi contre
la fraude parue au JO le 4 juillet, et dune loi complémentaire le
15 juillet, ces lois seront suivies dune circulaire aux Préfets JO
du 10 août, et dun décret du 3 septembre, très détaillé,
portant règlement dadministration publique, signé du président
de la République, Conseil dEtat entendu. 14 juillet
: Les délégués locaux des comités de défense
viticole se réunissent dans les cantons pour désigner les 80 délégués
départementaux. Au Comité interdépartemental. 23
juillet : Lassemblée interdépartementale décide
de la constitution dun syndicat régional , appelé Confédération
Générale des Vignerons du Midi (CGVM). 2 août
: Libération des membres du Comité dArgeliès (liberté
provisoire) 25 août : le Comité N°2 dArgeliès
remet ses pouvoirs à la section syndicale 15 septembre
: dernier numéro du Tocsin 22 septembre : Fondation
officielle à Narbonne de la CGVM et désignation du bureau présidé
par Ferroul 5 octobre : Renvoie devant les Assises de lHérault
de 89 inculpés, ceux qui sont détenus seront libérés
le 17 février 1908. |