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On distingue :
- Deutsher
Talefwein -> équivalent
du vin de table
- Landwein
-> équivalent du vin de pays
- Qualitätswein
bestimmter Anbaugebiete (Qba)->
équivalent aux A.O.V.D.Q.S.
- Qualitätswein
mit prädikat (Qmp)->
équivalent aux A.O.C.
La qualité d'un Qmp
est déterminée en fonction de son
taux de sucre, ce qui donne aussi
le style de vin :
- Kabinett
: vin sec (alcool potentiel
: 8.6 - 11.4)
- Spätlese
: vendanges tardives
(alcool potentiel : 10 - 13)
- Auslese :
sélection des meilleures grappes
(alcool potentiel : 11.1 - 14.5)
- Berenauslese
: sélection des meilleurs
grains (alcool potentiel : 15.3
- 18.1)
- Eiswein :
vin de glace (alcool potentiel
: 15.3 - 18.1)
- Trockenbeerenauslese
: sélection de grains
surmûris (alcool potentiel :
21.5 - 22.1)
Appellations
L'Allemagne viticole
se compose de 4 grandes régions
Deutsher Talefwein
(vins de table) qui contiennent
8 sous-régions de Talefwein (voir
les cartes figure 2, une sous-région
n'est pas représentée). Ces sous-régions
contiennent 13 zones de
Qualitätswein(A.O.V.D.Q.S / A.OC.)
et 19 zones de Landwein
(vins de pays). Les zones
de Qualitätswein
regroupent 39 Bereiche
(secteurs) qui contiennent 160Grosslagen
(crus). Ces crus se divisent
en 2632 Einzellagen
ou vignobles.
Les régions de Qualitätswein
(représentées sur la carte en figure
1) avec leurs principaux cépages
sont :
- Ahr
(Spâtburgunder, Portugieser)
- Hessiche
Bergstrasse (Müller-Thurgau,
riesling)
- Mittelrhein
(Riesling, Müller-Thurgau, kerner)
- Nahe
(Riesling, Müller-Thurgau, sylvaner,
kerner)
- Rheingau
(Riesling, spâtburgunder, müller-Thurgau)
- Rheinhessen
(Müller-Thurgau, sylvaner, riesling,)
- Pfalz
(Müller-Thurgau, riesling, kerner,
portugieser)
- Mosel-Saar-Ruwer
(Riesling, müller-Thurgau, kerner)
- Franken
(Müller-Thurgau, sylvaner)
- Würtemberg
(riesling, trollinger, kerner)
- Baden
(Müller-Thurgau, spâtburgunder)
- Saal-Unstrut
Sachsen (Müller-Thurgau,
sylvaner)
Caractères des vins
Les vins sont toujours
commercialisés avec le nom des cépages
employés mentionnés sur l'étiquette.
Il est plus simple de mentionner
les styles de vins par cépage et
d'indiquer les régions qui les valorisent
le mieux.
Le müller-thurgau
Ce cépage donne des
vins au bouquet floral qui rappelle
parfois le muscat, l'acidité est
assez discrète. C'est le cépage
de base du Liebfraumilch, vin blanc
léger destiné essentiellement à
l'exportation, qui est principalement
produit en Rheinhessen. On trouve
aussi de bons produits dans la région
du Franken.
Température de service : entre
8 et 10°C au maximum
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Un cépage internationnal
qui donne des vins parfumés,
racés, au bouquet délicatement
fruité. Le Rheingau est
une région qui sublime ce
cépage. Des producteurs
se sont même associés pour
créer une charte de qualité
: «charta » reconnaissable
grâce au logo des doubles
arches.
Température de service
: entre 8 et 10°C au maximum
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Le sylvaner
Il est l'un des meilleurs
cépages après le riesling. Il donne
des vins un peu moins élégants mais
qui développent des notes miellées
et une bouche soyeuse après quelques
années en cave. Cépage très apprécié
dans la région du Franken.
Température de service : entre
8 et 10°C au maximum
Le kerner
Croisement du trollinger
et du riesling. Il donne des vins
vifs avec des arômes de zestes de
citron vert mais n'a pas l'élégance
d'un riesling bien travaillé. Cépage
présent dans toutes les régions.
Température de service : entre
8 et 10°C au maximum
Le scheurebe
Croisement du riesling
et du sylvaner, il donne de bons
liquoreux s'il est attaqué par la
pourriture noble. Vinifié en sec,
il peut donner des produits où l'acidité
domine nettement s'il n'est pas
vendangé à pleine maturité.
Température de service : entre
8 et 10°C au maximum
Le rieslaner
Autre croisement du
riesling et du sylvaner, donne des
vins au nez très fin de fruits exotiques.
Très peu implanté.
Température de service : entre
10 et 12°C au maximum
Pinot noir ou Spâtburgunder
Ce cépage se plaît
dans la région de l'Ahr où il est
très apprécié car le micro-climat
chaud de cette région lui convient
parfaitement pour atteindre une
bonne maturité. Il donne des vins
au parfum de cerises quand il est
vendangé avec une maturité un peu
avancée.
Température de service : entre
10 et 12°C au maximum
Le sekt
Le sekt désigne un
vin mousseux. L'allemagne produit
deux fois plus de vins mousseux
que la Champagne, mais la méthode
de fabrication est principalement
en cuve close (cours sur l'élaboration
des vins effervescents) et les raisins
employés sont importés.
La production est
importante car elle répond à une
consommation locale et très peu
de ces vins sont exportés. Il existe
pourtant quelques sekts qui sont
issus de la méthode traditionnelle
mais ils n'ont qu'un succès limité.
Le liebfraulmilch
Ce vin blanc est très
exporté d'où sa reconnaissance mondiale.
Il doit comporter au moins 18g/s/l
résiduels ce qui en fait un vin
assez doux. Il peut être fait à
partir d'au moins 51% de riesling,
sylvaner, müller-thurgau et kerner
et dans une des quatre région autorisée.
Ce n'est pas un produit d'une grande
finesse mais il reste un vin blanc
agréable et sans prétention. C'est
la région du Rheinhessen qui en
produit le plus.
Les vins de glace
L'eiswein Un nectar venu
du froid
par
Léa Delpont
Méconnu, ce vin liquoreux,
produit principalement en
Autriche, en Allemagne et
au Canada, est élaboré à
partir de raisins blancs
tardifs gelés sur pied.
Un breuvage précieux qui
séduit de plus en plus les
Français Il s'appelle vin
de glace, se déguste frappé
et recèle dans ses flacons
mordorés de délicats arômes
de rose, d'épices et de
fruits secs. Il est rare
et précieux. En septembre
dernier, aux ventes de Trèves,
en Allemagne, les plus acharnés
des enchérisseurs n'ont
pas hésité à monter jusqu'à
1 000 pour acquérir une
seule des inestimables 300
bouteilles du millésime
1996 d'Egon Müller. Les
deux dernières cuvées du
viticulteur sarrois, connu
pour faire les vins les
plus chers du monde, remontent
à 1998 et 2002.
Aujourd'hui, seul un petit
nombre de vignerons téméraires
est prêt à risquer leur
récolte pour quelques gouttes
de cet or sucré, produit
en quantité symbolique les
années où la nature clémente
veut bien épargner les grappes
jusqu'au coeur de l'hiver.
Là réside en effet tout
le secret de ce vin liquoreux
élaboré à partir de raisins
blancs tardifs (généralement
du riesling) brutalement
gelés sur pied. C'est en
Moselle allemande, vers
la fin du XVIIIe siècle,
que les hommes, surpris
par des gelées précoces
et obligés de presser des
baies glacées, découvrirent
accidentellement le procédé
de fabrication de cet élixir.
La tradition s'est ensuite
installée dans d'autres
régions au climat propice,
au Luxembourg, en Autriche,
en Slovénie, où la morsure
du froid succède à la brûlure
du soleil et vient parfaire
la concentration des sucs.
En 1973, un Canadien, Walter
Hainle, tenta l'expérience
en Colombie-Britannique.
Riche idée: la greffe a
si bien pris que le pays
est devenu le premier producteur
mondial de vin de glace,
l'icewine, aux saveurs toutefois
un peu différentes.
Quand le givre blanchit
la vigne et recouvre les
carreaux, l'heure des vendanges
approche. Elle n'a pas sonné
tant que le thermomètre
n'est pas tombé au-dessous
de - 7 degrés. Il faut parfois
attendre jusqu'à - 10, voire
- 12, pour que la glace
emprisonne enfin ce qu'il
reste d'eau dans les grains
passerillés : plus forte
est leur teneur en sucre,
plus basse est leur température
de congélation. Or, chaque
jour qui passe augmente
le risque de tout perdre.
Malgré les filets et les
enveloppes de Cellophane
déployés sur les rangs pour
les protéger, c'est un miracle
si le raisin, qui doit rester
sain, survit aux intempéries,
aux maladies et aux prédateurs.
Quand la météo l'autorise
enfin, les vignerons sortent
à l'aube, parfois de nuit,
pour recueillir ces fruits
de l'hiver, rabougris mais
indemnes. Ils savent qu'ils
ont de l'or au bout de leurs
doigts gourds. En Autriche,
le tocsin sonne parfois
à 2 heures du matin pour
appeler tout le village.
Et les habitants se précipitent
à la vendange pour avoir
simplement le bonheur de
goûter le nectar l'année
suivante...
La récolte est immédiatement
et délicatement pressée
sur place et dans le froid,
car les fruits ne doivent
surtout pas décongeler.
L'eau, retenue dans les
paillettes de glace, est
séparée de la quintessence
du raisin: un jus sucré
et acide s'écoule alors
goutte à goutte des pressoirs
pneumatiques. Les rendements
atteignent à peine quelques
centaines de litres à l'hectare...
En comparaison, le vignoble
alsacien rend 7 000 litres
pour la même surface. La
fermentation du moût, ensuite,
est longue et difficile,
ralentie par la concentration
de sucre. Les vins allemands
dépassent rarement 10 degrés
d'alcool, et certains atteignent
difficilement 6 degrés,
pour 200 à 300 grammes de
sucre résiduel, à la différence
des 60 à 120 grammes pour
les sauternes.
<>Aujourd'hui, une
poignée de vignerons alsaciens
qui n'ont pas froid aux
yeux se sont lancés dans
l'aventure, bien que la
législation française ne
reconnaisse pas l'appellation
«vin de glace» (pas plus
que l'Office international
de la vigne et du vin, mais
les principaux pays producteurs
- Autriche, Allemagne et
Canada - se sont entendus
sur une charte commune).
Seppi Landman, spécialiste
des vendanges tardives et
des expériences vinicoles
pas communes, s'y est essayé
avec du riesling, mais aussi
avec du gewurztraminer et
du sylvaner. L'original
de Soultzmatt n'a pu mener
à bien que cinq millésimes,
réussissant sa plus belle
cuvée en 2001, par - 10
degrés. En 1999, il avait
dû ronger son frein jusqu'au
28 janvier avant de vendanger
son audacieuse récolte...
Deux ans auparavant, les
cieux avaient été moins
cléments: les filets de
protection s'étaient effondrés
sous le poids de la neige.
A l'initiative de ces vignerons,
les Français ont peu à peu
(re) découvert ce vin précieux.
Et, depuis 2001 (date à
laquelle l'Union européenne
a autorisé l'importation
de la production canadienne),
les ventes ne cessent d'augmenter.
L'hiver est bien installé,
c'est l'heure des vendanges:
le moment idéal pour goûter
ce produit de saison.
L'Express du 15/01/2004
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