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| La vendange est donc faite, et nous
avons vu que son but consiste à
amener à la cuverie des raisins
mûrs et sains.
Une remarque à ce propos
: les cépages ne mûrissent
pas tous en même temps; le
viticulteur ne fait donc pas une
vendange, mais des vendanges,
et il doit donc gérer son
temps entre la vigne et la cuverie.
Or, quand le raisin arrive à
la cuverie, il faut s'en occuper
toutes affaires cessantes :
un tracas pour les exploitants modestes,
au personnel nécessairement
restreint.
Pour l'essentiel, la vinification
comporte :
- la fermentation,
- pour les vins rouges, la macération,
au cours de laquelle s'accomplit
la dissolution des parties solides,
- une gazéification éventuelle;
mais pour comprendre ses contraintes
autant que ses choix multiples, il
faut d'abord savoir en quoi consiste
le raisin.
Le grain est composé de
peau, de pulpe, et de pépins.
Ces derniers contiennent du tanin
et des graisses.
La pulpe contient principalement
- de l'eau;
- des sucres, qui vont donner
l'alcool par fermentation;
- des acides organiques, dont
l'acide malique qui se décompose
en fructose et glucose, et de
l'acide tartrique;
La pellicule comporte 6 couches
(pruine, épiderme, etc.)
mais sans entrer dans le détail,
sachons que c'est la pellicule qui
contient les matières colorantes,
et la majeure partie des composants
aromatiques du raisin. Les chimistes
vous diraient que la pellicule contient
des anthocyanes et des flavones,
lesquels sont des phénols.
Pour nous, il suffit de savoir que
c'est la peau du raisin qui va transmettre
au vin le "goût du terroir".
Et également sa couleur,
car la pulpe du raisin est blanche.
En réalité, certains
cépages dits "teinturiers"
ont une pulpe colorée, mais
-sauf l'alicante bouschet encore
toléré- ils sont interdits
en France.
Par divers moyens physiques ou
chimiques, l'oenologue cherche à
équilibrer ces éléments
dans le vin, et à stabiliser
le vin.
Par exemple, il est souvent conduit
à effectuer bi-sulfitage
et levurage.
Les bi-sulfites et levures sont
à la fois catalyseurs de
la fermentation, et destructeurs
des bactéries. Comme le souligne
Paul Caris, oenologue de la faculté
d'oenologie de Bordeaux : "Le
bi-sulfitage joue un rôle antiseptique
et anti-oxydant dans la vinification.
En effet il va permettre d'abord
d'éliminer de la vendange la majeure
partie de la flore microbiologique
(certaines levures, certaines bactéries,
certaines moisissures type aspergillus
niger etc.). Ensuite il permettra
de contrôler la fin de la fermentation
malolactique. Enfin durant l'élevage
il permet d'éviter une oxydation
excessive du vin, la contamination
du vin par les bactéries acétiques
et les levures de contaminations
(brettanomyces)".
Autre exemple : selon le type
de vin, l'oenologue sera amené
à admettre, voire à
rechercher la présence de
tanin dans le vin. Or, si les pépins
contiennent du tanin, la présence
de leurs graisses dans le vin est
indésirable au delà
d'une quantité restreinte.
D'après Paul Caris, "une
bonne partie des graisses plus ou
moins complexes contenues sur le
pépin et dans le pépin sont dégradées
par l'alcool permettant ainsi la
libération des composés phénoliques
les plus extractibles; le complément
de la fraction lipidique du pépin
restera bien sagement dans le pépin".
Il faudra parfois rechercher davantage
de tanin, et on pourra alors l'obtenir
-selon le type de vin- soit en incorporant
les rafles (les parties ligneuses
de la grappe), soit en prolongeant
la macération, ou encore
par un séjour du vin en fûts.
Il ne s'agit pas ici de détailler
le travail de l'oenologue (cela
dépasserait de beaucoup le
niveau de cet ouvrage de vulgarisation),
mais uniquement de donner -par deux
exemples simplifiés- une
idée succincte des problèmes
que l'oenologue va rencontrer au
cours du traitement de la matière
première délicate
et complexe qu'est le raisin.
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D'après ce qui précède,
on conçoit aisément
que différentes méthodes
de vinification, chacune comportant
un bon nombre de choix et de variantes,
soient appropriées en fonction
du type de vin voulu. En voici d'abord
les grandes lignes, puis nous entrerons
dans le détail un peu plus
loin.
- Vins blancs
fermentation du jus sans macération
des parties de la grappe.
Selon la teneur initiale en sucre,
et selon que l'on interrompt plus
ou moins précocement la
fermentation, le vin obtenu sera
de l'un des types suivants :
- sec : moins de 4 grammes
de sucre résiduel par
litre;
- demi-sec : de 4 à
20 grammes;
- moelleux : de 20 à
40 grammes;
- liquoreux : plus de 40 grammes
de sucre non fermenté
par litre.
Ces chiffres sont valables pour
la France. La notion de sec, demi-sec,
etc., est variable selon les pays.
En outre, les termes employés
(sec, demi-sec, etc.) ne correspondent
pas toujours à l'impression
perçue en bouche, laquelle
dépend aussi d'autres facteurs
tels que l'acidité du vin.
- Vins rosés
la fermentation est accompagnée
d'une macération limitée
des parties solides (pépins
et peau) de raisins noirs.
Il n'existe pas de définition
précise du rosé,
et sa couleur peut aller du rose
très pâle "pelure
d'oignon" au rose très
soutenu appelé "rose cerise".
De même, le rosé
peut être élaboré
par vinification en rouge ou en
blanc.
- Vins rouges
leur couleur est obtenue par la
macération -plus ou moins
longue selon le caractère
que l'on désire imprimer
au vin- du jus en contact avec
les peaux de raisins noirs.
- Vins mousseux
tous sont effervescents par dégagement
du gaz carbonique dissous, mais
il en existe plusieurs catégories
qui diffèrent sensiblement,
d'une part par la pression du
gaz dissous (d'une atmosphère
pour les pétillants à
5 ou 6 atmosphères pour
les Champagne), et d'autre
part par leur mode d'élaboration :
vins gazéifiés,
vins produits en cuve close, méthode
dite naturelle comportant une
unique fermentation en bouteille,
et enfin la vaste gamme -au sein
de laquelle brille le Champagne-
des mousseux subissant deux fermentations
dont une en bouteille.
- Vins vinés
ce terme désigne plusieurs
types de vins dont le point commun
consiste en ce que leur fermentation
a été arrêtée
précocement, voire empêchée,
par addition de vin, d'alcool,
ou d'eau-de-vie de raisin.
- Vins spéciaux
un certain nombre de vins sont
élaborés selon des
techniques particulières
et ne se rangent dans aucune des
catégories ci-dessus. Exemples :
Vin Jaune du Jura, Xérès,
Madère, "Vin Santo"
italien, etc.
Voyons tout cela de plus près.
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En général, on commence
par égrapper les raisins.
A Bordeaux, par exemple, on érafle
le cabernet sauvignon. Mais les
exceptions sont nombreuses :
les rafles de certains cépages
(exemples : merlot, pinot,
mourvèdre) sont parfois conservées
pour renforcer le caractère
du vin.
Puis on foule les raisins, et on
laisse les peaux macérer
avec le jus pour récupérer
les pigments qui vont être
dissous sous l'effet de la chaleur
et de l'alcool.
La fermentation alcoolique a lieu
en même temps que la macération.
Elle est déclenchée
soit spontanément par les
levures qui se trouvent dans les
peaux, soit par des levures sélectionnées
en laboratoire.
En fonction du type de vin désiré,
on peut jouer sur trois paramètres
principaux :
- Température de fermentation
en dessous de 10°C, les levures
cessent de travailler; au-delà
de 35°C, elles meurent. Les
basses températures favorisent
la production d'arômes primaires
et sont donc utilisées
pour des vins à boire jeunes.
Pour de grands vins de garde,
on choisit une température
plus élevée (jusqu'à
28 à 30°C), ce qui
contribue à extraire les
tanins et les éléments
colorants.
- Durée de macération
le moût (mélange
de pulpe, de jus, et de pépins)
séjourne en cuve de 36
heures à 4 semaines selon
le type de vin voulu; en général
quelques jours pour des vins légers;
une cuvaison plus longue (10 à
30 jours) pour des vins plus concentrés.
- Fréquence des remontages
ou pigeages
le Bordelais pratique le remontage
: le jus est remonté au
sommet, avec une pompe, pour asperger
le chapeau (parties solides du
moût, peaux, pépins,
parfois rafles) qui remontent
à la surface;
en Bourgogne, c'est le pigeage,
consistant à immerger le
chapeau dans le jus.
Remontage ou pigeage, peu importe
le moyen, le résultat est
le même : l'extraction
accrue de tanin.
Quand la fermentation alcoolique est
achevée (4 à 10 jours),
on sépare le vin du marc (écoulage)
: tout de suite si on veut des vins
souples; au terme de quelques semaines
pour les vins de garde.
L'écoulage donne le "vin
de goutte", fin. Au contraire, le
"vin de presse", obtenu par pressurage
du marc, est frustre et tannique.
Le vin de presse et le vin de goutte
subissent -séparément,
sauf exception- la fermentation
malo-lactique, indispensable pour
réduire l'acidité
des rouges. Elle se fait sous l'influence
de bactéries lactiques. Autre
avantage : le vin ne risque plus
de travailler au printemps sous
l'effet du réchauffement
de la température.
Puis on ré-incorpore éventuellement
une partie du vin de presse, selon
des critères analytiques
et gustatifs.
Macération carbonique
:
Certains rouges sont élaborés
par macération carbonique,
qui consiste en une fermentation
initiale en présence de gaz
carbonique.
On met en cuve des grappes complètes,
non foulées. Les raisins
y subissent alors des modifications
biochimiques internes sous l'action
d'enzymes (les levures, aérobies,
ne peuvent pas intervenir).
Après quelques jours de cuvaison,
on constate l'apparition d'un à
deux degrés d'alcool, une
légère diffusion -dans
la pulpe- des matières colorantes
de la pellicule, et la formation
de produits secondaires tels que
le glycérol, ainsi que de
certains composants aromatiques.
On procède alors au pressurage
et à la fermentation alcoolique
comme d'habitude.
Cette méthode produit des
vins légers, fruités,
dont elle préserve bien les
arômes primaires. Ce sont
des vins souples, peu tanniques,
à consommer jeunes. Mais
dans certaines conditions -macération
longue (10 à 18 jours) et
température de fermentation
élevée (30°C)-
on obtient un vin qui peut se conserver
plusieurs années. Cette variante
est de plus en plus pratiquée
en Languedoc, et dans les Côtes
du Rhône méridionales.
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Dès la première étape
de la vinification, il faut choisir
entre deux voies très différentes :
- Traditionnellement, les raisins
sont égrappés, rarement
foulés (raisins blancs
uniquement), et pressés
dès leur arrivée
à la cuverie. Le jus est
mis à fermenter sans les
peaux.
- De nos jours, pour obtenir des
vins au caractère variétal
prononcé, on effectue la
macération pelliculaire
(ou pré-fermentaire) :
on égrappe complètement,
on foule légèrement,
et on laisse macérer le
jus avec les peaux pendant 12
à 48 heures, avant pressurage
et fermentation. Pratiquée
à basse température,
la macération pelliculaire
renforce l'apport aromatique.
Elle n'est cependant possible
qu'avec des raisins blancs.
Le moût est refroidi à
-10°C pour éviter le
déclenchement de la fermentation,
et on le protège de l'oxydation
par de l'anhydride sulfureux. Le
jus pressé contient encore
des matières solides; on
procède donc au débourbage,
par sédimentation.
Puis on introduit des levures sélectionnées,
et la fermentation se déclenche.
L'ajout de levures sélectionnées
est plus indiqué que pour
les rouges, car le moût est
resté peu de temps en contact
avec les peaux porteuses de levures
naturelles.
La fermentation peut être
effectuée en cuve ou en fûts
dont la capacité n'est pas
sans importance. La durée
et la température de la fermentation
sont deux facteurs importants pour
le caractère final du vin.
La température doit être
maintenue en dessous de 20°C
(18°C semble idéal) pour
conserver les arômes. A température
plus basse, on observe une production
accrue d'esters et d'arômes,
et un abaissement de l'acidité
volatile. Avantage supplémentaire
non négligeable : la
quantité d'anhydride sulfureux
nécessaire est moins élevée.
Mais les vins sont plus légers,
et moins riches en glycérol.
On choisit donc d'effectuer la fermentation
à basse température
(12-13°C) pour obtenir des vins
secs légers à boire
rapidement.
Si la fermentation est effectuée
en barriques (comme dans les Graves),
le dégagement de chaleur
est moins important, et il est rarement
nécessaire de refroidir.
La durée de la fermentation
dépend à la fois du
type de vin désiré
et de la température de fermentation.
Si l'on désire un vin parfaitement
sec, on est obligé de laisser
la fermentation s'accomplir jusqu'à
ce que tout le sucre soit transformé
en alcool. Ce résultat tardera
d'autant plus que la température
imposée à la fermentation
sera plus basse. Cela peut demander
jusqu'à un mois.
Pour obtenir un vin sec, on soutire
dès la fin de la fermentation
alcoolique. On peut également
éviter la fermentation malo-lactique.
Cela dépend de l'acidité
du moût, elle-même dépendant
du cépage (plus ou moins
acide), du millésime (vendange
plus ou moins mûre) et du
taux d'acidité voulu. La
fermentation malo-lactique est souvent
pratiquée sur des vins qui
vont subir un élevage en
fûts, comme en Bourgogne,
parfois dans les Graves (pour les
vins secs) et dans les Côtes
du Rhône du nord. Au contraire,
on l'évite pour obtenir des
vins frais ou pour leur garder de
la fraîcheur : c'est
en général le cas
en Alsace, en Provence, à
Bordeaux (pour les liquoreux), parfois
en Champagne, à Vouvray,
en Allemagne.
En général, les blancs
ne sont pas élevés
sous bois, à cause de l'oxydation
possible, et pour conserver la fraîcheur
aromatique.
Mais les grands Bourgogne
subissent un élevage dans
le chêne (surtout s'ils ont
fermenté en barriques; ils
restent alors dans le même
récipient), sur leurs lies;
parfois, on pratique même
un batonnage pour remettre les lies
en suspension. Le vin en sort plus
gras et plus charpenté que
ceux produits en cuve.
Pour les blancs doux, on récolte
des raisins surmaturés, soit
par passerillage (dessication sur
le pied), soit par pourriture noble :
le botrytis attaque la peau, l'eau
s'évapore, le sucre se concentre.
Alors qu'une récolte normale
contient rarement plus de 200 grammes
de sucre, une récolte botrytisée
peut en contenir jusqu'à
350. Le sucre résiduel est
dû au fait que les levures
cessent de travailler au-delà
de 15 ou 16%vol. Or, il suffit de
17 grammes de sucre pour produire
1 degré d'alcool.
Lorsque l'année n'est pas
bonne (vendange pauvre en sucre),
il faut arrêter artificiellement
la fermentation pour garder un peu
de sucre résiduel. L'ajout
d'alcool étant réservé
aux Vins Doux Naturels, on emploie
de l'anhydride sulfureux; mais celui-ci
nuit au goût, aussi préfère-t-on
parfois des procédés
physiques tels que la flash-pasteurisation.
À titre expérimental,
on emploie la cryo-extraction. Cette
technique inspirée par le
traitement du vin de glace consiste
à refroidir la vendange jusqu'à
ce que les raisins les moins sucrés
deviennent des glaçons. Lorsqu'on
presse, on obtient le jus des baies
les plus sucrées. Inutile
dans les bons millésimes,
la cryo-extraction se justifie seulement
dans les années moins bonnes.
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A part le Champagne rosé
qu'il est permis de faire par mélange
de vin rouge et de vin blanc, le
rosé est toujours issu de
raisins noirs ou gris auxquels on
fait subir une macération
plus ou moins longue.
Par ailleurs, le rosé est
rarement fait par macération
d'un mélange de raisins noirs
et blancs, car la macération
-même courte- d'un tel mélange
est difficilement contrôlable.
On distingue trois types de rosés :
- Rosé de raisins rosés
C'est un vin rare. Par exemple,
le poulsard -cépage à
peau et jus roses- est vinifié
en rouge. On procède
à une macération
longue pour extraire un maximum
de couleur et d'arômes.
- Rosé de pressurage
En général après
foulage ou macération
pelliculaire, les raisins sont
pressés, puis on effectue
une vinification "en blanc".
Plusieurs pressages sont effectués
pour extraire les pigments.
Ce procédé donne
un vin vif et léger -car
pauvre en tanin- à boire
jeune.
- Rosé de saignée
Il s'agit d'une vinification
en rouge, méthode la
plus ancienne et la plus courante
aujourd'hui encore.
Après égrappage,
les raisins subissent une courte
macération : quelques
heures, une nuit au maximum.
Dans la pratique, on saigne
une cuve où macère
un moût rouge. La fermentation
alcoolique se déroule
dans une autre cuve. Plus tannique
que le rosé de presse,
il subit la fermentation malo-lactique.
Cette méthode est appréciée
dans les régions dont
le climat ne permet pas d'obtenir
naturellement des rouges assez
profonds, car le vin restant
dans la cuve saignée
est plus concentré (puisque
le rapport peaux/jus est plus
grand).
Dans le Bordelais et dans les vignobles
septentrionaux, le rosé est
issu d'un cépage unique rouge,
vinifié en blanc. Les vignobles
du nord font surtout des rosés
parce que des difficultés
de maturation s'opposent à
l'obtention de bons rouges.
Ailleurs, les rosés sont
issus de plusieurs cépages,
rouges et gris, et il est alors
permis de mélanger les raisins.
C'est le cas du Tavel, des
Côtes du Rhône,
Côtes de Provence,
et de tout le Sud-Ouest. Les Provençaux
pratiquent l'une ou l'autre des
deux dernières méthodes,
selon le cépage, puis ils
assemblent les vins produits séparément.
On distingue :
- Le Champagne,
produit dans la zone d'appellation
délimitée portant
ce nom. Le gaz du Champagne
est dû à sa tendance
naturelle à subir une seconde
fermentation en bouteilles; tendance
que le vigneron encourage par
l'ajout de la liqueur de tirage
lors de la mise en bouteilles.
- Les vins mousseux,
dont l'élaboration passe
par une seconde fermentation en
bouteille, et qui argüent
de cette raison pour se glorifier
d'être faits selon la "méthode
champenoise"; mais, d'une part
la loi interdit la mention "méthode
champenoise", du moins en France;
d'autre part, la méthode
employée pour élaborer
le Champagne comporte de
nombreux soins qui vont bien au
delà d'une simple seconde
fermentation en bouteille;
- Méthode rurale
le vin est mis en bouteille avant
d'avoir achevé sa fermentation,
et il la poursuit tout naturellement
en bouteille. Exemples :
Clairette de Dié,
Blanquette de Limoux.
- Mousseux produits en cuve close
ici aussi, le gaz vient d'une
seconde fermentation, mais celle-ci
est provoquée en cuve,
avant le tirage en bouteilles.
Ce procédé, inventé
par le Français Charmat,
est interdit en France pour les
vins AOC.
- Vins gazéifiés
le gaz carbonique est ajouté
directement, et ne provient donc
pas d'une fermentation (exemple
: Carlton)
- "Pétillants", "frisants",
et autres "perlants" sont à
mettre à part, car leur
gaz carbonique est dû simplement
à la volonté du
vigneron de ne pas l'éliminer
complètement du vin à
l'issue de la fermentation. Mais
la quantité de gaz résiduel
est en général modeste,
et sa pression en bouteille est
de l'ordre d'une à deux
atmosphères.
Comme on l'a déjà
noté, ce terme désigne
plusieurs types de vins dont le
point commun consiste en ce que
leur fermentation a été
arrêtée précocement,
voire empêchée, par
addition de vin, d'alcool, ou d'eau-de-vie
de raisin.
Le terme "Vins de liqueur" désigne
les vins obtenus à partir
du moût de raisin frais ou
de moût concentré additionné
d'alcool avant, pendant, ou après
la fermentation.
Bien évidemment, le résultat
pourra être sec, demi-sec,
ou doux selon que la fermentation
est contrariée plus ou moins
précocement :
- Dans certains cas, on ajoute
de l'eau-de-vie à du jus
de raisin frais (non fermenté),
en quantité tout juste
suffisante (5 à 10%) pour
empêcher la fermentation.
C'est ainsi que l'on obtient le
Pineau des Charentes, le
Floc de Gascogne, le Ratafia
de Champagne, et le Macvin
du Jura.
- La plupart du temps, le vinage
a lieu après un début
de fermentation, et on contrôle
le caractère plus ou moins
doux du vin en choisissant le
moment auquel on veut arrêter
la fermentation. On parle alors
de "mutage sur marc" lorsque le
vinage a lieu avant pressurage,
et de "mutage sur jus" lorsqu'il
est effectué après
le pressurage.
Le Porto est toujours muté
sur jus, alors que les "Vins doux
naturels" rouges du Roussillon
sont mutés sur marc ou
sur jus selon le résultat
désiré. Bien évidemment,
les vins mutés sur marc
conservent davantage de sucre
résiduel que ceux mutés
sur jus.
- Parfois, le vinage n'intervient
qu'après la fin de la fermentation,
et il s'agit alors de l'ajout
de vin plus alcoolisé et
plus concentré. On obtient
un vin dit "fortifié",
dont le Xérès
est l'exemple le plus célèbre.
Impossible de définir un
point commun entre tous ces vins,
si ce n'est leur élaboration
selon des procédés
originaux qui paraissent souvent
défier le bon sens :
- Vin Jaune du Jura et
Xérès, obtenus
par un vieillissement prolongé
au cours duquel des levures se
développent à la
surface du vin;
- Madère, issu d'une
chauffe à 50°C !
- Marsala, dont une partie
est le résidu d'une cuisson;
- Vins aromatisés : sauf
le Retsina, ce sont des
vins vinés auxquels on
ajoute des aromates. Dans le cas
du Retsina, c'est de la
résine de pin ajoutée
au cours de la fermentation...
- Vin de glace, Tokay aszú,
etc.
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